Culture Passion
CINEMA 3
Joel & Ethan Coen                The barber
Film américain des frères Coen sorti en 2001
Attention, c'est du grand cinéma.... A voir absolument en noir et blanc (c'est un film "noir")
Ed Crane est coiffeur (Bill Bob Thornton, formidable acteur). Il n'est pas très gai. Sa femme le trompe et il le sait. Pour se procurer un peu d'argent et essayer de sortir de sa condition, il va faire chanter l'amant de sa femme. Et il finit par le tuer, "involontairement" certes. C'est sa femme qui est accusée du meurtre. Il fait tout pour la sauver de la chaise électrique et il finira par être accusé lui-même d'un meurtre qu'il n'a pas commis !
Ed Crane est un homme ordinaire, un "homme qui n'est pas là", qui n'existe pas. Il s'éprend cependant d'une adolecente pianiste, mais cela n'ira pas loin, comme tout ce qu'il entreprend (ou n'entreprend pas). Un grand film !
Claire Denis                     Beau travail
Film de Claire Denis sorti en 2000
Ce film est un ballet (avec des danseurs beaux, jeunes, musclés...) et un hymne à Djibouti. Des passages du film sont d'ailleurs mises en scène par le chorégraphe de danse contemporaine Bernardo Montet. Ce film est un régal visuel et qu'importe l'histoire... L'acteur principal, sans qui le film s'écroule, c'est Grégoire Colin (Santain), beau et mystérieux. Un rôle plus discret mais néanmoins essentiel pour Michel Subor (le commandant Forestier). C'est aussi le monde de la légion, un monde d'hommes, des vrais, des durs ! Le personnage "principal", l'adjudant Galoup, paraît un peu déplacé dans ce monde-là. Film fascinant, troublant, magnifique, magique...
Joel & Ethan Coen               No country for old men
Film américain sorti en 2007
Encore un film magnifique des frères Coen ! L'histoire se passe près de la frontière mexicaine. Llewelyn Moss découvre une malette pleine de dollars près de cadavres d'une bande de trafiquants de drogue. Il décide de garder cet argent. Mais ses véritables propriétaires ne l'entendent pas de cette oreille et envoie à ses trousses un tueur à gages psychopathe (et vraiment effrayant : Javier Bardem). Il y a aussi l'inévitable shérif avec son stetson.
Ce film a obtenu de nombreuses récompenses (oscars et golden globes...).
Claire Denis                                35 rhums
Film de Claire Denis sorti en 2009
Lionel a élevé seul sa fille Joséphine. Des liens très forts se sont établis entre le père et la fille. Mais Joséphine est grande maintenant. Elle est étudiante. Le père est conducteur de RER. Joséphine tient le ménage. Le père voudrait bien qu'elle parte, qu'elle vive sa vie, mais sans le vouloir vraiment, la vie est si douce ainsi... Un jeune homme, Noé, vit lui aussi seul dans son appartement, proche de celui de Joséphine. C'est un film d'une grande sensibilité, où la vie semble s'écouler doucement. Tout est très simple dans ce milieu antillais très bien intégré, c'est la vie quotidienne de la classe moyenne dans ce nord-est de Paris. Très beau film, du Claire Denis quoi...
Ethan & Joel Cohen               Ladykillers
Film des frères Coen sorti en 2004.
Film un peu loufoque et très drôle. De l'humour intelligent.
Dans l'état du Mississipi, le professeur Goldthwaite H. Dorr (Tom Hanks) loue une chambre dans la belle maison d'une veuve d'un certain âge, Mrs Munson (Irma P. Hall). En fait, ce distingué professeur aux manières exquises est le chef d'une bande de malfaiteurs qui veulent vider le coffre-fort du casino voisin. Pour cela, ils prétendent étre un orchestre baroque qui répète dans la cave de la maison de Mrs Munson. Mais ce qu'ils veulent, c'est creuser un tunnel de cette cave jusqu'à la salle du coffre du casino. Et s'en suivent tout un tas d'événements tous plus rocambolesques les uns que les autres...
Beaucoup de gospel dans la bande-son. Prix du jury à Cannes en 2004 pour Irma P. Hall.
Claire Denis                      White material

Film de Claire Denis sorti en 2010
Claire Denis a vécu une partie de son enfance au Cameroun. Seul quelqu'un qui a l'Afrique au fond de ses tripes peut réaliser un tel film et filmer l'Afrique comme elle le fait.
Le film baigne le spectateur dans une atmosphère inquiétante; on s'y sent toujours mal à l'aise... Mais il y a toujours cette fascination de l'Afrique. Autant on a envie de stopper la visualisation du film, autant on a envie de sauter dans le premier avion pour l'Afrique
Maria gère une plantation de café. Le pays est en pleine guerre civile entre les troupes gouvernementales et les rebelles. Malgré cela, Maria (Isabelle Huppert) veut rester dans "son" pays et poursuivre l'exploitation de sa plantation. Film très dur, souvent violent, peu de personnages sympathiques... Une grande Isabelle Huppert, un grand film !

Jafar Panahi                  Le miroir

Film iranien de Jafar Panahi sorti en 1997.
Avec "le miroir", nous entrons dans ce monde si particulier du cinéma iranien.
Mina est une petite fille de 6/7 ans que sa mère doit attendre à la sortie de l'école, comme elle le fait tous les jours. Mais ce jour-là, la maman n'est pas là. Et Mina se retrouve livrée à elle-même, seule sur le trottoir de l'immense Téhéran. Elle se sent capable de rentrer chez elle toute seule. Elle se perd dans la ville, de bus en bus, rencontrant une multitude de personnes... (Beaux portraits de la population urbaine modeste de Téhéran).
On peut y voir une critique de la condition féminine en Iran, une réflexion sur la liberté (Jafar Panahi est obligé de tourner clandestinement dans son pays), mais c'est surtout une magnifique petite "actrice", qui finit d'ailleurs par en avoir assez de ce tournage et décide de réellement rentrer seule chez elle. L'équipe du film la suivant et la filmant alors à son insu.

Alain Resnais        Hiroshima mon amour
Film franco-japonais d'Alain Resnais sorti en 1959.
Ce qui avait sans doute beaucoup plus de signification et d'impact à l'époque de sa sortie : horreurs d'Hiroshima et de la bombe atomique, femmes tondues à la Libération, scènes d'amour physique très "réalistes....
A notre époque, on est plus "habitué à tout cela...
Le début du film est un peu "longuet" et le film entier fait très "nouvelle vague", un peu trop parfois. Les deux acteurs sont excellents (Emmanuelle Riva et Eiji Okada). Ce très beau film d'amour aurait pu se passer dans n'importe quelle ville, Hiroshima n'apportant pas grand chose. La France des années 50 dans une petite ville française (Nevers) est baignée dans beaucoup de nostalgie, avec des images noir et blanc très belles.
L'histoire ? "Elle", actrice française en tournage à Hiroshime, rencontre "Lui", un architecte japonais qui devient son amant et son confident...
Jean Renoir               La règle du jeu
Film français de Jean Renoir sorti en 1939
Drame "gai" (et non pas "gay") ayant pour cadre l'aristocratie française de l'avant-guerre. Une peinture des nobles, des grands bourgeois et des domestiques dans les années 30.
Pour François Truffaut, La règle du jeu" est le "credo des cinéphiles, le film des films". C'est un film gentillet, très "théâtre de boulevard", avec ses amants, ses maîtresses, ses hommes trompés... Certains plans (visages) rappellent beaucoup les photos des studios Harcourt.
L'histoire : un aviateur célèble vient de traverser l'Atlantique en battant le record de cette traversée. Il l'a fait car il est amoureux de la femme du marquis de La Chesnaye, la jolie Christine, qui en fait ne l'aime pas vraiment et n'est guère impressionnée par cet exploit. Et tout se complique. Qui aime qui ? Qui est vraiment aimé ? Tout cela se termine par un meurtre qui passera pour un accident fâcheux !
Film agréable, avec beaucoup d'action. Un chef d'oeuvre ????
Joel & Ethan Coen         Barton Fink
Film américain de Joel et Ethan Coen sorti en 1991.
Si vous voulez découvrir l'oeuvre des frères Coen, évitez de choisir "Barton Fink". Et si vous n'appréciez guère la haute psychologie à la sauce américaine, évitez "Barton Fink". Bien qu'ayant remporté la Palme d'Or à Cannes en 1991, ce film est de très loin inférieur à d'autres oeuvre des frères Coen. Le principal acteur, John Turturo, est certes excellent, mais il me semble qu'il en fait un peu trop dans le rôle d'un écrivain tourmenté et halluciné. La peinture du Hollywood des années 1940 est très "forcée" jusqu'à en être peu crédible.
L'histoire : jeune auteur dramaturge new-yorkais, Barton Fink veut tenter sa chance à Hollywood et écrire pour le cinéma. Il se retrouve dans un hôtel roccoco, avec pour voisin un gros type bien gentil. Bien gentil , la suite nous montrera que non.
Le tout se termine dans l'incendie de l'hôtel, incendie sans pompiers qui ne brûle vraiment très lentement...
Joel et Ethan Coen          A serious Man
Film américain (et britanico-français) des frères Coen sorti en 2009.
Une plongée dans l'univers des familles juives aux Etats-Unis. Larry Gopnik est un brave homme, un homme sérieux. Bon époux (?), bon père de famille, professeur de physique plein de mérite, mais pas encore titularisé. Mais voilà, tous les malheurs du monde semblent s'abattre sur lui : sa femme veut divorcer pour épouser un de leurs amis, sa fille ne pense qu'à son apparence physique, son fils fréquente une école juive où il se morfond et goûte à la drogue, son frère s'incruste chez lui...
On y apprend beaucoup de choses sur les différentes cérémonies et rites de la religion juive -on s'y moque aussi un peu des rabbins-. Que de malheurs pour ce pauvre Larry, et pourtant on est souvent amené à en rire -non, plutôt à en sourire-. A la fin, quand beaucoup de choses semblent s'arranger, un autre grand malheur va sûrement s'abattre sur le pauvre Larry....
Andreï Zviaguintsev        Le Bannissement
Film russe d'Andreï Zviaguintsev sorti en 2008.
Film au rythme lent, contemplatif, loin de l'excitation perpétuelle de nombreux films américains. Le lieu, l'époque sont assez indéterminés. Peut-être la Russie après la chute du communisme, une vieille maison au milieu d'un paysage grandiose et désolé. Un homme, sa femme et leurs deux enfants s'installent à la campagne, dans l'ancienne maison du père du héros. Pourquoi viennent-ils là ? On n'en saura rien de précis.
Et bientôt, la femme révèle à son mari qu'elle est enceinte, mais qu'il n'est pas le père de l'enfant. Que va-t-il faire ? La tuer peut-être ? Il y songe. Et il y a tous ces personnages qui interviennent, dont on ne sait pas grand-chose... Des hommes toujours, inquiétants dans leurs grosses voitures russes d'un autre âge. Tout est beaus et triste à la fois, délabré...
L'acteur principal, Konstantin Lavronenko s'est vu decerné le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes.
Yasujiro Ozu            Fin d'automne
Film japonais de Yasujiro Ozu réalisé en 1960 .
Ambiance toute japonaise, feutrée, souriante, calme, pleine de nombreuses courbettes. Le rythme est lent, avec de très beaux plans fixes.
Ayako est une charmante et jolie jeune fille qui vit avec sa mère depuis la mort du père. Elles sont très heureuses ensemble. La mère, Akiko, voudrait bien que sa fille se marie, mais elle craint aussi beaucoup de la perdre. La fille redoute de laisser sa mère seule. Trois vieux amis de la famille décident d'arranger tout cela. S'ils pouvaient remarier la mère, il n'y aurait plus d'obstacle au mariage de la fille. Il faut vous dire qu'ils sont eux-mêmes un peu amoureux, depuis longtemps, de celle-ci.
Et voilà où va le film, avec beaucoup de dégustations de saké, de parlottes et toujours un humour très fin.
Martin Scorsese            Taxi Driver
Film américain de Martin Scorsese, sorti en 1976.
Un des plus grands films de tous les temps...? C'est un peu exagéré. Disons un bon film américain avec hélas beaucoup de violence. Ce taxi, conduit par le héros (Robert De Niro, excellent) qui parcourt les quartiers de New-York la nuit est bien sûr fascinant. Magnifique atmosphère !Mais ensuite on bascule dans la violence : prostitution, meurtres, fascination pour les armes...
L'histoire ? Travis n'arrive pas à dormir; alors il devient chauffeur de taxi de nuit dans New-York où il transporte toute une faune nocturne. Il se transforme ensuite en "regleur de comptes" qui veut débarrasser le ville de ses souteneurs et acolytes.
Ce film a été sélectionné par la Bibliothèque du Congrès pour être conservé vu son importance culturelle, historique ou esthétique".
Mikhaïl Kalatozov        Quand passent les cigognes
Film russe (soviétique) de Mikhaïl Kalatozov réalisé en 1957.
Film "daté" au charme très particulier. Tourné en noir-et-blanc dans la Russie encore soviétique, avec des mouvements de caméra très audacieux pour l'époque.
L'action se passe pendant la seconde guerre mondiale. Veronika, l'héroïne interprérée par Tatiana Samoïlova, et Boris sont amoureux. ILs vont se fiancer, se marier... Mais la guerre éclate et Boris part pour le front. Tatiana se retrouve seule dans la ville bombardée. Et malgré elle peut-être, sans nouvelles de Boris, elle va se laisser conquérir par Mark, le cousin de Boris (un "planqué qui n'est pas parti à la guerre). Elle l'épouse...
Tout cela semble un peu naïf, mais toujours plein de fraïcheur. Palme d'Or à Cannes en 1958.
Cinéma   1    2    4
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