Culture-Passion
CINEMA 4
Claude Chabrol        La demoiselle d'honneur
Film français de Claude Chabrol sorti en 2004.
Très bon film de Claude Chabrol, avec comme souvent chez lui tension, suspense, amour, un brin d'horreur. Laura Smet est parfaite dans son rôle ambigu d'amoureuse violente et déjantée, jusqu'au crime.... Si parfaite qu'on a envie de la giffler, de la chasser, de la faire disparaître de la vie du gentil et dévoué Philippe Tardieu (Benoît Magimel).
L'histoire ? Philippe Tardieu, jeune homme dévoué et agent commercial estimé de son employeur, rencontre, lors du mariage de sa soeur, la ténébreuse Senta, une des demoiselles d'honneur, qui va comme l'envoûter. C'est le type même de la femme fatale, qui vit dans une cave et s'invente une vie d'actrice de théâtre et de modèle pour photographes.
Andreï Zviaguintsev        Le retour
Film russe d'Andreï Zviaguintsev sorti en 2003.
Magnifique film dans cette Russie intemporelle, grandiose et dépouillée que sait si bien filmer Andreï Zviaguintsev (voir "Le bannissement").
Deux adolescents vivent avec leur mère. Le père est parti. Un beau jour, la mère annonce à ses fils que le père est revenu (d'où, on ne le saura pas) et qu'il dort dans la chambre. Le père veut restaurer les liens de paternité. Est-ce qu'il s'y prend de la meilleure façon ? Il emmène ses deux fils pour une partie de pêche pendant quelques jours. Et il leur fait mener une vie plutôt rude, en pleine nature. Le plus grand admire ce père qui lui a si longtemps manqué. Mais le plus jeune ne l'entend pas de cette oreille...
Ce film a obtenu le lion d'or à Venise en 2003.
Claire Denis         Vendredi soir

Film français de Claire Denis sorti en 2002.
Une plongée dans l'univers des films de Claire Denis. Film très "abstrait", où l'on parle peu. Ambiance, ambiance, lumièr.se de la nuit parisienne. Laure prend sa voiture pour se rendre chez des amis. Mais c'est un jour de grêve des transports, alors bonjour les embouteillages. Une grande partie du film se déroulent dans les embouteillages, filmés à partir de la voiture de Laure (Valérie Lemercier). Magnifique ambiance lumineuse. Puis Laure prend un homme en stop (Vincent Lindon, excellent). Elle ne le connaît pas. D'ailleurs nous ne saurons jamais qui il est, d'où il vient... Et ils se retrouvent dans une chambre d'hôtel.

Yilmaz Güney       Yol  (la permission)
Film turc de Yilmaz Güney sorti en 1982. Palme d'Or à Cannes.
Il est important de préciser de Yilman Gürney est bien turc, mais d'origine kurde. En effet, presque tous les personnages du film sont kurdes (sauf les "méchants" qui sont bien turcs).
Yol est un film dur, âpre, austère qui se passe pour une grande partie dans les paysages désolés et les villages pauvres du Kurdistan turc. Ce film a d'ailleurs été interdit en Turquie pendant près de 15 ans.
Cinq prisonniers kurdes bénéficient d'une permission et s'en vont rendre visite à leurs familles. L'un d'entre eux, ayant égaré ses papiers, se voit vite arrêté par la police. Les autres retrouvent leurs familles, mais dans des conditions assez dramatiques.
Il arrive parfois que l'on s'y perde un peu dans tous ces personnages et leurs familles.
Yilmaz Güney dépeint l'oppression du peuple en Turquie et plus particulièrement celle de la nation kurde.
Jean Renoir        Le testament du docteur Cordelier
Film français de Jean Renoir sorti en 1961.
Adaptation par Jean Renoir du l'histoire du docteur Jekyll et de mister Hyde.
La première partie du film tient en haleine, beaucoup de suspense et de mystère. La deuxième partie est beaucoup plus "banale", avec une caricature de psychiâtre un peu ridicule et des personnages souvent sans envergure (le notaire...).
Le docteur Cordelier est psychiatre. Il a renoncé à sa clientèle pour se livrer à des expériences. Il va tester une de ses inventions sur lui-même et s'incarner dans un autre personnage plutôt inquiétant, agresseur de petites filles et de passants isolés la nuit tombée dans les rues de Paris.
Michael Haneke       La pianiste
Film franco-autrichien de Michael Haneke sorti en 2001. Le film a obtenu le grand prix du jury au festival de Cannes en 2001, ainsi que le prix d'interprétation masculine pour Benoît Magimel et le prix d'interprétation féminine pour Isabelle Huppert.
L''héroïne, Erika Kohut, professeur de piano reconnue et admirée au Conservatoire de Vienne, souffre en fait d'une profonde névrose sexuelle. Un de ses élèves, le beau Walter Klemmer (Benoît Magimel, tombe amoureux de son professeur. Celle-ci va alors essayer de l'entraîner dans ses délires masochistes.
Film psychologiquement très dur où seule la musique divine de Schubert apporte un peu d'air frais.
A noter la belle prestation d'Annie Girardot dans le rôle de la mère d'Erika.
Andrei Zviaguintsev       Léviathan
Film russe de Andrei Zviaguintsev sorti en 2014. Prix du scénario à Cannes en 2014.
Immense déception que ce film de Zviaguintsev après les chefs d'oeuvre présentés ici que sont "Le retour" et "Le bannissement". Le film est très long, beaucoup trop long (2h15)... Le réalisateur veut montrer la corruption généralisée qui règne en Russie, avec la complicité de l'église. Cela, on le comprend très vite. L'alcoolisme et la vodka y font des ravages... Cela aussi on le comprend très vite.
Le mécanicien Kolia, son épouse et son fils vivent dans une maison sur la côte de la mer de Barents. Cette maison, il l'a construite de ses mains. Mais le maire de la ville veut s'en emparer pour construire un "centre de télécommunication".
Ce maire est une sombre crapule et il ne reculera devant rien pour expulser Kolia.
Et finalement, ce n'est pas un "centre de télécommunication qui sera construit mais... une église. Toujours cette collusion de l'église et du pouvoir, partout et toujours.
Francesco Rossi     Le Christ s'est arrêté à Eboli
Film italien (franco-italien) de Francesco Rossi sorti en 1979.
Adaptation du roman du même nom de Carlo Levi. Splendide film tourné dans les paysages désolés de la région du Basilicate et dans le village irréel de Craco.
L'histoire se passe pendant la période fasciste en Italie (1935). Un médecin artiste (Gian Maria Volontè), écrivain antifasciste, est assigné à résidence à Gagliano, un village loin de tout, où les hommes vivent encore presque comme au Moyen-Age. Eboli est cette gare terminus à partir de laquelle on entre dans une région totalement à l'écard du monde. Le Christ lui-même ne serait pas aller plus loin qu'Eboli....
Levi, le médecin proscrit, le citadin de Turin, va découvrir la vie de ce village et de ses habitants. Tout est merveilleux dans ce film : les hommes, les femmes, les enfants, l'intérieur des maisons.... Un enchantement !
Lars Von Trier           Breaking the waves
Film danois de Lars Von Trier sorti en 1996. Grand Prix au festival de Cannes 1996.
Breakink the waves = briser les vagues. C'est l'héroïne du film, Bess, qui va briser les vagues du conformisme, peut-être jusqu'aux limites de la "simplicité d'esprit", de la folie même, de la sainteté...?
Bess, femme enfant (merveilleuse Emily Watson), vit dans un village très "puritain" au nord de l'Ecosse. Elle va épouser Jan, qui travaille sur une plate-forme pétrolière. C'est bien sûr le grand amour, l'amour-passion. Mais Jan va se blesser gravement sur sa plate-forme et se retrouve complètement paralysé.
Film à la fois grandiose et austère, où le carcan de la religion joue un grand rôle.
Jerry Schatzberg        L'épouvantail
Film américain de Jerry Schatzberg sorti en 1973. Grand Prix au Festival de Cannes en 1973.
Très agréable film américain, avec deux très bons acteurs (Gene Hackman formidable), des hommes tout en bas de l'échelle sociale, qui parcourent une partie des Etats-Unis à pied, pris en stop par des paysans qui les font voyager dans une bétaillère, ou passagers clandestins de trains de marchandises. L'Amérique profonde...
Max sort de prison et rêve, avec ses petites économies, de fonder une entreprise de lavage de voitures. Lion s'était engagé dans la marine et voudrait enfin connaître son enfant qu'il n'a jamais vu. Alors nos deux vagabonds vont faire route ensemble...
Le tout baigné dans une très belle lumière qui plonge lefilm dans une atmosphère assez lugubre..
Joseph Mankiewicz       La maison des étrangers

Film américain de Joseph Mankiewicz sorti en 1949.
Film noir et blanc, au style très "moderne" pour son époque. Les dialogues sont toujours très vifs, les décors, bien qu'en noir et blanc, que ce soit la banque ou la maison du père, sont magnifiques.
L'histoire se passe dans le milieu italo-américain de New-York et l'on n'est pas très loin de celui de la mafia. Le père, Gino Moretti, immigré italien, d'abord simple coiffeur, a fondé une banque certes fort prospère, mais pas toujours très honnête... Trois de ses fils sont à son service, un peu méprisés par leur père mais en attente de l'héritage. Le quatrième fils, Max, le préféré du père, sort de prison et veut reprendre sa place...

Federico Fellini      La dolce vita

La dolce vita (la douceur de vivre) est un film italien (franco-italien) de Federico Fellini sorti en 1960. Il a obtenu la Palme d'Or à Cannes en 1962.
Ce film est considéré comme un classique du cinéma et c'est la raison principale de son intérêt.
Il est l'image du miracle économique italien de la fin des années 1950. Le film a pour cadre le milieu bourgeois de Rome. IL se compose d'une série de sept petits "épisodes" et raconte les aventures souvent amoureuses d'un journaliste, Marcello Rubini (Marcello Mastroianni) dans la ville de Rome, courses folles en voitures, soirées et nuits décadentes, critique acerbe bien qu'indirecte de la religion (statue du Christ promenée dans les airs attachée à un hélicoptère, faux miracle...), tout ceci dans une société oisive et débauchée, ce qui lui a valu entre ordre d'être un objet de scandale à sa sortie.

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